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Mardi 6 juin 2006

Encore une semaine palpitante à raconter :

Lundi 29 :

Pas grand-chose, cours à l’université

 

Mardi 30 :

Cours puis on apprend que les étudiants décident de faire la grève afin de soutenir le mouvement de protestation nationalle, en gros ils demandent la gratuité des transports, de certains examens, l’abrogation de la Ley Orgánica Constitucional de Educación (LOCE), loi sur l’éducation qui date de plus de 15 ans (c'est-à-dire quand le régime encore dictatorial avait privatisé toutes les universités), jugée anti-démocratique, élitiste et transformant l’éducation en business. Il paraît que tous les ans à la même époque, les étudiants font grève contre cette loi, cependant cette année le mouvement prend une ampleur inégalée (il faut dire qu’ils ont beaucoup suivit l’affaire du CPE en France, ils nous en parlait sans arrêt). Tout a commencé en début de semaine dans certains lycées de Santiago, en soutient les facs ont suivit, les manifestations dans le centre de la capitale ont très vite dégénéré, que ce soit du côté des étudiants comme celui des carabiniers, bref la ville est en état de siége, des centaines d’arrestations tous les jours et un centre transformé en champs de bataille. La médiatisation des événements a fait amplifier le mouvement qui s’étend désormais à tout le pays (des collèges aux universités en passant par les lycées qu’ils soient publics ou privés (du jamais vu !), plus d’un million d’étudiants en grève (sur un pays qui ne compte que 15 millions d’habitants)).

Soir : on est sorti au Huevo avec Gaelle, Ludo, Jeanne et Aurélie afin de faire découvrir le Pisco Sour à cette dernière. On n’est pas rentré trop tard car on été un peu crevé.

 

Mercredi 31 :

Pougne pour normalement l’interro du lendemain (mais le destin a joué contre nous).

 

Jeudi 1er :

On se lève tôt car on ne savait pas si l’interro était maintenue ou pas, bon évidement il n’y avait personne donc on est rentré en passant par la criée afin d’acheter des crevettes toutes fraîches.

Aprem’ : on a été se balader avec Aurélie, d’abord à la ex-carcel, symbole de la dictature, transformée en centre culturel, on a pas pu rentré mais on a quand même pu voir les cellules où étaient emprisonnés et torturés les prisonniers politiques (jusque 15 personnes dans 6m²), sur les murs des poèmes et des lettres d’adieux sont gravées…































Bon comme on me l’a demandé, je rédige un petit article sur ces années noires de l’histoire chilienne, d’abord un peu d’histoire :

Le début des années 70 est marqué par une forte instabilité politique, les grèves à répétitions paralysent l’économie du pays, Salvador Allende est alors élu président et incarne l’espoir du changement en Amérique Latine, son programme de nationalisation affole vite les milieux bourgeois et les grands groupes américains (propriétaires des immenses gisements de nitrates et de cuivre). Dans le contexte de Guerre Froide, les Etats-Unis ne souhaitent pas voir un nouveau pays sud-américain basculer à l’est et décident alors de réagir…

A l’aube du 11 septembre 1973, de connivence avec la CIA, les chefs des 3 armées, ainsi que le chef de la police déclenchent un coup d’état brutal et sanglant, le palais présidentiel de la Moneda est bombardé, Salvador Allende juste avant de se « suicider » prononce son dernier discours : « Ce sont mes dernières paroles, j’ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain. J’ai la conviction, du moins, qu’il y aura une sanction morale qui châtiera la félonie, la lâcheté et la trahison. »

Les partis politiques sont mis hors la loi, les sympathisants de gauche sont arrêtés, torturés et exécutés.

Même s’il est entré tard dans la conspiration, le général Augusto Pinochet (d’origine bretonne d’ailleurs) s’affirme très vite face aux autres chefs de la junte militaire. En juin 1974, il est proclamé « chef suprême de la Nation ». Le 11 septembre 1980, la nouvelle constitution qui garanti à Pinochet le contrôle de l’Armée de Terre jusqu’en 1997 est approuvé au cours d’un référendum truqué. Le début des années 80 est marqué par de nombreuses protestations violemment réprimées. Lors de la venue de Jean Paul II, en avril 1987, les manifestations hostiles au régime font des centaines de victimes. Pinochet qui souhaite légitimer son pouvoir décide alors d’organiser un vote de confiance le 5 octobre 1988. Malgré une campagne du non quasi inexistante, le « NO » l’emporte avec 55% des voies. Le premier gouvernement de transition vers la démocratie est élu le 14 décembre 1989, mais la constitution et le sénat dont la majorité est désigné par Pinochet (qui reste chef des armées) empêchent le retour d’un régime démocratique. Il faudra attendre plusieurs années et une lutte incessante pour voir Pinochet quitter définitivement le paysage politique. En 2001, la loi qui garantissait à l’armée un droit de regard sur l’état est enfin suprimée.

Le bilan de la période Pinochet est très mitigé, le pays a certes connu une croissance de plus de 8 % par an, mais la dictature serait responsable de la mort ou de la disparition de 2 279 personnes selon le rapport Vérité et réconciliation publié en 1990, ainsi que de l'emprisonnement de plus de 100 000 personnes. Il y eu plus d’un million d'exilés, dont 160 000 exilés politiques. Arrêté une première fois en 1998 dans une clinique londonienne par un juge espagnol, Pinochet est libéré et rentre au pays où les plaintes s’accumulent. En juin 2005, il est finalement relaxé par la cour d'appel. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés « irrecevables ». Cette relaxe est confirmée définitivement le 15 septembre 2005 par la Cour suprême. C’est finalement dans une affaires de fraudes fiscales qu’il risque d’être jugé, enfin si son procès a lieu un jour…

Bon voila pour le coté historique, maintenant ce qu’il en ressort quand on en parle à des gens, les jeunes de notre âge sont conscients de la dictature mais pour eux c’est du passé et sont d’avantage tournés vers l’avenir. Les personnes plus âgées ne donnent pas l’impression d’avoir vécu une dictature, d’ailleurs pour eux, le régime n’est pas qualifié de « dictatorial », c’est assez surprenant, mais on a l’impression qu’ils n’ont pas eu les mêmes infos que nous. Pour de nombreuses personnes Pinochet est un héros qui a redressé le pays en en faisant la première économie d’Amérique Latine. Ceci est certainement dû a un manque d'accés à l'information et à la culture (d'ailleurs même de nos jours, les livres ici coûtent une fortune, ne parlons pas des CD quasi introuvables, les grandes enseignes de librairies ou de sonothéque n'ayant pas pu se développer).

Soir : on a organisé un petit apéro international chez nous, il y avait des chiliens (Orlando et Susana), des américaines (Jill et Mélissa), des néo-zélandais (Helena et Ewan) et bien sûr des français (Moi, Gaelle, Ludo, Ben, Jeanne, Steph’ et Aurélie).

Ensuite, on est parti au Huevo où l’on a fait 1 heure et demi de file avant de pouvoir rentrer (c’était archi-plein, grève oblige, tout le monde peut sortir ce jeudi). On a retrouvé des mexicaines de la semaine d’avant et les français de Vina à l’entrée (Anne-So, Nicolas, Guillaume et Christophe), et sur le toit, Rabiya et un autre français Olivier. On commence à en connaître du monde !!!

En sortant vers 5h, on a encore rencontré d’autres français (y’en a marre à la fin), puis on est rentré pour un petit after chez nous mais pas avec les nationalités que l’apéro, cette fois il y avait des mexicains, colombiens, chiliens et français, me demandez pas les noms cette fois. Dodo vers 7h

 

Vendredi 2 :

Levé assez difficile à 9h pour aller à Horcon à 70 km au nord de Valpo. 2 heures de route en longeant un pacifique déchaîné avant d’arrivée dans ce charment petit port de pêche. On a mangé une « Chupe » dans un resto (espèce de gratin de fruits de mer).





















Puis petite promenade avant de repartir cette fois pour Con-Con un peu plus au sud, où on a mangé une glace devant un magnifique coucher de soleil.


 

































Soir :

Comme tout le monde nous avait lâché pour voyager, on est retourné au Huevo avec Ludo et Gaelle (durant le mois de juin, l’entrée est gratuite pour les « alumnos de intercambio »), on ne voulait pas rester longtemps car on était crevé mais bon finalement on a fait la fermeture. Là on a retrouver qq connaissances et on s’en est fait d’autres…

 

Samedi 3 :

Journée pas très active. On a appris que les étudiants avaient rejetés les propositions du gouvernement et avait bloqué l’Avenue Espana, voie rapide qui relie Valparaiso à Vina del Mar, provoquant des embouteillages monstres dans les deux villes.

Soir : on est allé chez Steph pour l’annif d’Ewan, son coloc néo-zélandais. On a encore rencontré des français mais aussi des suédoises et des allemandes. Après on est sorti à la Playa (bar boite prés de la boite Soto Mayor) où il y avait un monde fou.

Retour où l’on a encore rencontré des français (de Rennes cette fois) puis after chez les suédoises et enfin dodo.

 

Dimanche 4 :

Levé assez tardif puis on est parti sur le port afin de faire un tour d’1/2 heure en bateau, c’était bien sympa surtout qu’on a eu droit aux lion de mer et  à un superbe coucher de soleil sur Valpo.

Soir : on est parti au café Journal pour boire un verre avant le départ d’Aurélie (le lundi matin).

Par Vince - Publié dans : marchili
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