Comme vous le savez déjà, je suis allé dans le désert d'Atacama la semaine dernière. Celui ci se trouve dans la 2eme région (bon alors pour faire simple, le Chili est un pays tout étiré en longueur sur plus de 4000 km, vous le coupez horizontalement en 14 morceaux que vous numérotez de 1 à 13 du nord au sud (la région centrale de Santiago n'ayant pas de numéro) et vous obtenez le découpage régional du Chili, c'est pas bien compliqué quand même).
Voici donc le récit des qq jours la bas... les photos sont dans l'album photo « Atacama ».
Mardi 16 : voyage aller, Calama, San Pedro de Atacama.
Le matin, université et dés la fin des cours on choppe un bus pour Santiago, puis un autre pour l'aéroport. On enregistre les bagages, on mange un petit qq chose et on prend l'avion.
Durant la première partie du voyage, on a pu survoler la cordillère des Andes, ensuite escale à Antofogasta (286 000 hab), capitale de la 2eme région puis 20 min de vol plus tard nous voila à Calama (126 000 hab) pour le coucher de soleil. De la on prend un minibus, direction San Pedro de Atacama, petit bled de 2000 habitants, pommé dans une oasis en plein milieu de nul part à 2500 m d'altitude, mais point de départ de pas mal d'excursion (dans la rue principale, vous ne trouvez que des resto ou des agences de voyage...). Sur la route, dés la tombée de la nuit, le ciel nous offre un impressionnant spectacle étoilé : une magnifique voie lactée et des milliers d'étoiles : superbe !
On arrive enfin à l'auberge, dans un froid glacial,(dés que le soleil n'est plus la, les températures passent très vite en dessous de zéro, et bien sur l'es chambres ne sont pas chauffées autant dire qu'on s'est bien gelé).
Mercredi 17 : Museo Arqueologico Padre le Paige, valle de la Luna, valle de la Muerte.
Matin, on a été dans une agence qui proposent des expéditions ensuite on est passé au Musée archéologique Padre le Paige qui retrace l'histoire de la région des premiers chasseurs jusqu' à l'arrivée des espagnols en passant par les culture Tiwanaku (venu de Bolivie) et Incas (venue du Pérou). L'essentiel de la collection provient du père missionnaire belge Gustave le Paige.
Aprèm : direction la vallée de la Luna, à l'est de San Pedro...
1ere étape : on s'arrête sur une falaise qui surplombe le désert et le début de la vallée de la Luna. La, le guide nous explique la formation géologique de la région, bon je vous passe les détails, en gros, la plaque Pacifique passe sous la plaque Sud Américaine ce qui a créé les Andes. De leur coté les remontées magmatiques ont entraîné la formation de la série de volcans qui marque la frontière avec la Bolivie toute proche. Le plus actif est le volcan Lascar, (langue de feu) et ses 5154 m, il y a aussi Le Licancabur (peuple du volcan), 5916 m dans lequel se trouve un lac où Nicolas Hulo a réalisé la plus haute plongée du monde il y a qq années.
2éme étape : la vallée de la Muerte, son nom n'a rien de morbide (du moins à l'origine). Bon, à la base, c'est à dire à la fin du XIX éme siècle, les militaires chiliens sont arrivés pour cartographier la région, ils leur fallaient donc un nom pour cette vallée qui n'en avait pas et comme la roche est rouge ils ont voulu l'appeler comme la planète Mars (à savoir vallée de la Marte), seulement quand le père le Paige et son accent belge sont arrivés dans la région, il a mal prononcé "Marte" et les gens ont compris "Muerte". Du coup, 2 noms sont entrés en compétition jusqu'au beau jour où un berger et son troupeau de mouton, surpris par un orage un peu violent, ont terminé au fond d'un ravin, à partir de là, la vallée a gardé le nom de Muerte.
On a donc marché une bonne heure dans cette vallée, succession de roche et de sable puis on a repris le bus, direction la vallée de la luna.
3éme étape : on s'est arrêté aux début de la vallée pour admirer las Tres Marias (formation géologique en forme de vierges, bon en fait maintenant elles s'appellent "las dos Marias y Media" pak y'en a une qui s'est un peu effondrée) et la tête de dinosaure, le tout recouvert d'une bonne couche de sel qui remonte du sous sol à la première pluie.
4éme étape : ce qu'il y a de super dans la vallée de la Luna c'est le coucher de soleil (d'ailleurs quasiment tout le monde n'y va que pour l'admirer), bon quand je dis le coucher de soleil, je parle des reflets rougeoyant qu'il provoque sur les Andes. Et oui, le soleil se couche d'un côté mais tout le monde regarde dans l'exact opposé afin d'admirer les changements de couleurs sur les montagnes et les volcans qui passent par toutes les teintes (rouge, orange, violet, orange).
5éme étape : retour à San Pedro sous un magnifique ciel étoilé (et oui encore).
Jeudi 18 : Geysers de Tatio, Astronomie.
Levée vers 3h30 du matin dans un froid toujours aussi glacial pour partir vers les geyser de Tatio (il faut y aller tôt car c'est là que les geysers sont les plus impressionnants) à 96 km au nord de San Pedro. 3H de route plus tard alors que le désert a laissé la place au steppes de l'altiplano, nous voila à 4250 m d'altitude et par -15 degrés devant des successions de cheminées aux magnifiques couleurs créées par les minéraux et les algues microscopiques qui crachent soient de l'eau à 85 degrés, soient carrément de la vapeur (ceci est dû à une nappe phréatique un peu trop proche du magma). On prenait même des cailloux qu'on sortait de l'eau pour les mettre dans nos poches et nous réchauffer un peu. Savez vous que l'on ne peut admirer des geysers qu'à 7 endroits différents sur Terre (et que les plus élevés sont ici ?).
Après on a marché un moment pour observer qq vicuna (espèces de lama) et on est allé vers une source d'eau chaude et devinez qui a osé se baigner à 4350 m d'altitude par -10 degrés ? (C'est mimi !)
Ensuite, on est redescendu un peu pour admirer qq flamants roses (il y a 5 espèces de flamants roses au monde et 3 d'entre elles se trouvent au Chili). Juste après, on s'est arrêté pour regarder des apalgas (bon il y a 4 espèces de lama : le llama (le plus connu), le vicuna (qui ressemble un peu à une antilope), le guanaco (qu'on a vu quand on était dans le sud chilien) et l'apalga (lama qui donne de la laine).
Après tout ça, direction la vallée au cactus, bon en fait c'est une vallée encaissée dans laquelle passe un petit ruisseau, du coup il y a des roseaux partout, un peu au dessus il y a qq dizaines de cactus (dont un très vieux âgé de plusieurs centaines d'années et haut de 8 mètres). Ca fait un magnifique contraste : le vert clair et le blanc des roseaux, le vert foncé des cactus, le rouge du sable et en arrière plan, la neige des Andes, sans oublier le magnifique ciel bleu.
Retour à l'auberge où j'ai testé la pougne dans un hamac de l'auberge (pas très efficace).
Soir : on est parti faire un tour astronomique présenté par Alain Maury qui après avoir travaillé plusieurs années au CNRS et à l'observatoire européen austral de la Silla, nous emmène chez lui pour admirer les étoiles. Ca commence par une explication du ciel, des étoiles et des constellations qui sont pour la plus grande partie différentes de celles du nord : Orion, Croix du Sud, petit et grand nuage de Magellan, Proxima du Centaure. Ensuite, on a pu admirer planètes (surtout Saturne et ses anneaux, Jupiter et ses satellites), étoiles et voie lactée au télescope.
A la fin, on est rentré chez lui pour regarder qq transparents autour d'un bon chocolat chaud (du poulain français en plus !). C'était vraiment sympa !
Retour à San Pero et dodo.
Vendredi 19 : Salar de Atacama, Socaire, Lagunas, Quebrada de Jere, Tocanao
Levée vers 6h30 et départ pour le Salar d'Atacama à 70 km au sud de San Pedro, avec ces 320 000 hectares, cette immense dépression saline constitue le plus grand salar du Chili. La croûte de sel pétrifiée et balayée par les vents prend des teintes ocre, rose et beige. On a pu visité la laguna Chaxa, réserve national où nidifient des centaines de flamants roses (flamants chiliens et andins). Après la visite du Salar, on a eu droit à un super petit-dej (avec même du pâté, c'est pour dire !).
Ensuite, on est parti pour le petit village pommé de Socaire, tout en pierre et dont la culture en terrasses et le réseau d'irrigation date de la période inca. On est tombé sur des fermiers qui venaient de tuer un cochon pour la fête du 21 mai (cf plus bas) et qui ont posé pour nous...
Ensuite, on est parti pour les lagunes Miscanti et Miniques à une cinquantaine de kilomètres plus au sud et à 4650 m d'altitude (on est presque aussi haut que le Mont Blanc !). Bon en fait, il y a à peu prés un million d'années, il n'y avait qu'un seul lac mais l'éruption du volcan Miscanti (dont les 5622 m surplombent le tout) l'a coupé en 2 lagunes. Ca se voit pas trop sur les photos mais le bleu-emeraude des lagunes est magnifique (dû à une algue microscopique qu'on ne trouve qu'ici). On a marché une bonne heure dans la steppe (et à cette altitude, c'est super dur de faire le moindre effort), ensuite on a mangé et le guide nous a fait chercher des pointes de flèches indiennes qui auraient plusieurs centaines d'années (et devinez qui en a trouvé ?).
Après tout ça, on est remonté vers le nord et le village de Tocoano, où se trouve la Quebrada de Jere où une rivière d'eau douce dévalant la cordillère a permis la naissance d'un incroyable verger niché au fond d'un petit canyon : grenadiers, pruniers, vignes, figuiers, poiriers, cognassiers...et dégustation bien sûr.
Le guide nous a également montré des mosaïques incas (il y en a pas trop dans le coin car les incas ne sont restés ici qu'une cinquantaine d'année avant l'arrivée des espagnols).
Ensuite, petite visite du village et de sa magnifique église du XVIIIe siècle, on a également pu approcher des apalaga domestiqué (enfin pas trop domestiqué pak il y en a un qui a craché sur une française qui nous accompagnait).
Puis retour à San Pedro sous un ravissant coucher de soleil sur le désert, arrivés dans la ville on a pu constaté que plus aucune lumière ne marchait, la ville est alimentée par el gaz naturel argentin et de temps en temps, l'Argentine coupe les vannes qq heures pour montrer au Chili qu'il dépende d'eux (que c'est bien de s'entendre avec ses voisins !).
Soir : on a testé qq pisco sour dans les qq bars-café de San Pedro avec Gaëlle.
Samedi 20 : début des célébrations du 21 mai et retour
Pour une fois, j'ai pu dormir jusque 9h et après on est parti sur la place du village où se déroulaient les célébrations du 21 mai qui constitue la deuxième fête la plus importante du Chili (après la fête nationale du 18 septembre, jour de l'indépendance) et qui célèbre la bataille navale d'Iquique de 1879, défaite du Chili face au Pérou et à la Bolivie.
Et oui c'est bataille fût perdu par le Chili et pourtant le pays la célèbre en grande pompe, pourquoi donc ?
Retour 127 ans en arrière, les rivalités pour le contrôle des impressionnants gisements en nitrate du désert d'Atacama a entraîné le Chili a déclaré la guerre au Pérou et à la Bolivie en 1879, guerre connue sous le nom de guerre du Pacifique. Le 21 mai, le bateau chilien en bois « La Esmeralda » avec à sa tête le commandant Arturo Pratt se sacrifia en abordant 2 cuirassés le « Hascuar » et l' « Independancia ». Le Pérou gagna donc facilement cette bataille mais y perdit son meilleur navire car l' « Independancia » coula suite à l'abordage. Le sacrifice de « La Esmeralda » et de son équipage ne fût donc pas inutile et permit non seulement d'infliger des pertes à l'ennemi mais aussi de relancer le sentiment patriotique parmi le peuple et l'armée chilienne. 5 ans plus tard, le Chili gagna la guerre après la capitulation de la Bolivie en 1880 et le mis à sac de Lima en 1881. Le Pérou perdit alors ce qui constitue aujourd'hui la première région (celle d'Iquique, à l'extrême nord du Chili) et la Bolivie perdit avec la région d'Atacama (2éme région aujourd'hui) son unique accès à l'océan, ce qui explique les tensions permanentes dans les relations entre la Bolivie et le Chili.
Depuis ce temps, le 21 mai, le Chili rend hommage aux soldats qui donnèrent leur vie en se jetant dans une bataille perdue d'avance, pour la victoire de leur patrie. Dans tous les villages et villes du pays, les écoliers des plus petites classes jusqu'au lycée défilent en uniforme dans les rues sur des rythmes militaires (on ne plaisante pas avec l'histoire ici !), et particulièrement ici dans l'Atacama qui appartenait en grande partie à la Bolivie il y a un peu plus d'un siècle.
L'aprèm on est rentré à Calama avant de reprendre un avion pour Santiago, puis 2 bus plus loin nous revoilà enfin à la maison !